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 Life's too short - Eragon & Murtagh

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Murtagh
{Membre}~> Humain <~ Prince de Sang
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MessageSujet: Life's too short - Eragon & Murtagh   Mer 8 Aoû 2018 - 13:33

Murtagh faisait les cents pas.
Il ignorait ce qu’il lui était bien passé par la tête. Lui qui s’était juré de bannir son petit frère de son esprit, voilà qu’il craignait qu’il ne vienne pas.
Evidemment, il n’avait pas pris le temps d’attendre une réponse de sa part. Un refus n’avait pas été envisagé.
Pourtant, tandis qu’il pestait pour la millième fois, le brun ne put s’empêcher de penser que son cadet lui avait effectivement fait faux bond. Aurait-il seulement osé ?
Oui. Bien sûr que oui.
Gwenaëlle avait brossé un portrait peu charmant de l’Eragon des bois. La rumeur de la mauvaise humeur puérile de son frère n’était pas une surprise, plutôt une habitude à prendre. Toutefois, le dragonnier n’avait pu cacher sa surprise en apprenant qu’il n’était pas le principal responsable de la bouderie du blond. Le titre lui avait été apparemment subtilisé par leur propre mère.
Selena.

Murtagh avait dû faire répéter ça à la dragonnière en lui demandant plusieurs fois si elle avait bien tout compris. Le discours était resté le même.
L’étonnement passé, le jeune homme avait simplement fini par hausser des épaules et par déclarer que les sentiments d’enfant de son cadet ne le concernaient pas, qu’il était assez grand pour faire ses propres choix et que ce n’était pas à lui d’intervenir dans ce qu’il ressentait.
Gwenaëlle s’était alors contenté de le regarder puis de lui dire « Il te manque, non ? ». Pour une fois, son compagnon avait gardé le silence. Aucune répartie cinglante. Aucun haussement de sourcil outragé.
Mentir n’avait pas été envisageable. Dire la vérité encore moins.
Il avait finalement mis un terme à la conversation à l’aide d’un sourire provocateur et de ses mains habiles.

Leur discussion avait toutefois réussi à rouvrir une brèche qu’il pensait condamnée depuis quelques semaines déjà.

Le dragonnier passa un rapide coup d’œil derrière lui.

Voilà, huit ans, qu’il n’était pas revenu ici. Dans la demeure familiale. Berceau de leur enfance. Prison dorée protégée du reste du monde.
Rien ne semblait avoir changé.
Tout avait changé.

Le choix de ce lieu de rendez-vous restait encore un mystère malgré qu’il en soit le décideur. Il avait souhaité un endroit neutre. Hors de la capitale. Hors de la forêt. Chez eux.

Son pied tapa dans un caillou.

Au moment de partir, il avait dû faire face au mécontentement de Thorn. Son dragon lui avait chèrement fait payer son soudain confinement entre les murs du château, son manque de conversation, mais surtout le cloisonnement de son esprit.
Murtagh avait dû faire preuve d’une grande humilité et d’une grande patience face à l’être de feu qui lui avait tourné le dos pendant plusieurs heures.
Il s’était platement excusé plusieurs fois, n’ayant pas de véritables motifs à lui fournir.
Tous deux étaient de toute façon parfaitement au fait de la raison principale.
Eragon.
Ils avaient grandi côte à côte. Passé quasiment toute leur vie accroché l’un à l’autre. Thorn avait été une première rupture entre eux. Puis il y avait eu Saphira. Ils s’étaient de nouveau rapprocher, partageant ensemble un lien rare, des moments privilégiés entre eux et leurs dragons.
Eragon n’était plus là.
Et à chaque fois, que son regard s’était posé sur le dragon rouge, ces moments lui étaient revenus douloureusement à l’esprit.
Alors, il avait fui la douleur. Renonçant à un petit bout de son âme, car c’était plus facile que d’affronter la réalité.

Dans un énième soupir dépité, Murtagh se laissa tomber sur la marche du perron.

Encore une idée merveilleuse qu’il avait eue là….


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Eragon
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MessageSujet: Re: Life's too short - Eragon & Murtagh   Mer 8 Aoû 2018 - 14:38

Sa mère avait préféré Morzan. Tel que cela avait toujours été le cas.
Cela minait Eragon et lui donnait un air maussade, il bougonnait dans son coin, déçu par sa mère. Il aurait aimé, pour cette fois, qu’elle s’occupe de lui. Avoir autre chose qu’un souvenir flou. Le dragonnier passa une main dans ses cheveux. Maïwenn lui avait transmis la requête de Murtagh de le voir, les mots étaient restés vagues, mais il en avait compris l’essentiel. Son souci principal serait donc de savoir s’il allait oui ou non y aller. Cela faisait des heures qu’il tournait en rond à la recherche d’une réponse. Aucune ne le satisfaisait.

Il en voulait encore à son frère.
Murtagh l’avait exilé de force, avait forcé Gwen à prendre son partit. Puis lui avait clairement fait comprendre au bal quelle était sa manière de penser.
En même temps…
Il ne pouvait pas se voiler la face, il avait été imbuvable ce soir-là, insultant envers Gwenaëlle. Il avait été beaucoup trop loin. Maïwenn s’était déjà excusé pour lui envers la jeune femme, envers son amie. Elle lui manquait parfois. Leurs jeux lui manquaient. Tout était plus facile avant…
Une pointe d’amertume naquit au creux de son cœur. Il avait été injuste envers Murtagh, s’il n’était pas prêt pour pardonner sa mère il devait se rendre à l’évidence : il avait déjà pardonné son frère.

Il songea alors à Maïwenn et à sa tendresse. Par ses mots et ses gestes elle avait su comment apaiser son cœur. Ils avaient vécu tant de choses en si peu de temps… Il n’avait qu’une seule certitude la concernant : il l’aimait. Leurs premiers gestes avaient été si maladroits qu’il en avait encore honte rien qu’en y pensant. Ses joues s’empourprèrent à la pensée de ce qui s’était passé cette nuit-là. Malgré les conseils avisés de Murtagh et Maël il s’était sentit parfaitement… ridicule.
Ils avaient fini par en rire, blottis l’un contre l’autre.
De la maladresse sont les autres se moquerait s’ils savaient. Que cela soit Murtagh ou Maël ils semblaient n’avoir jamais eu de souci avec la gente féminine. Il se souvenait encore des jeunes femmes dans le sillage de son frère. Il l’avait envié mais ne l’avait pas montré. Alors il avait fait comme Gwen, il s’était adossé contre un mur et s’était moqué de ces filles toutes bien coiffées, bien habillées, lisses et belles. A certains moments il s’en était voulu de comparer Gwen à ces filles, elle la petite sauvage toujours en pantalon et tunique, les cheveux si mal attachés qu’ils pendouillaient sur son visage. Mais elle était drôle quand elle se moquait.... puis... elle imitait si bien Murtagh.

Ironique qu’elle soit à présent celle qui partageait les nuits de son frère.

Dire qu’il l’avait embrassée ! A y repenser cela était encore plus ridicule. Ils avaient quatorze et quinze ans, se demandaient pourquoi les gens aimait tant ça. Alors ils avaient essayé… Cela avait fini en nettoyage de bouche avec les manches.
A présent il comprenait parce qu’il avait trouvé la personne qui lui correspondait.

Il était arrivé en avance en réalité. Saphira quant à elle était allé chasser.
Il s’était dissimulé à couvert dans les buissons. Il avait vu Murtagh arriver. Faire les cent pas. Apparemment son frère avait la patience de l’attendre.

Les mains dans les poches, Eragon s’avança. Un demi sourire aux lèvres. En cet instant il était heureux. Heureux de retrouver son frère assis là.

« - J’espère que cette fois tu ne compte pas cacher mes dragonniers en bois. »


Une vieille histoire. Il avait passé des jours à pleurer en cherchant ses précieuses figurines. Finalement Murtagh les lui avait rendus, puis sûrement par pitié après un énième soupir, ils avaient joué ensemble.
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Murtagh
{Membre}~> Humain <~ Prince de Sang
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MessageSujet: Re: Life's too short - Eragon & Murtagh   Jeu 9 Aoû 2018 - 22:23

Le jeune homme ne put cacher son soulagement quand des craquements suivis de pas se firent entendre dans le bosquet voisin. Puis sa voix.

« - J’espère que cette fois tu ne comptes pas cacher mes dragonniers en bois. »

Un petit rire lui échappa.

« Tu les avais égarés dans ma chambre. »

Beaucoup d’objets appartenant au garçon avaient fini en sa possession. Pour lui rendre service bien entendu. Eragon n’avait jamais été du genre à ranger ses affaires – cela n’avait jamais changé – alors, l’enfant qu’avait été Murtagh avait fini par le faire à sa place. A sa manière. Pour lui apprendre à devenir plus ordonné. Cela avait été, évidemment, un cuisant échec.

Murtagh releva le visage.
Vu l’état déplorable de ses vêtements et  de ses cheveux en pagaille, il semblait enfin être, dans la crasse de la forêt, dans son élément.  Lui, qui avait toujours eu les bains en horreur, devait être le plus ravi des hommes.

« Je commençais à penser que tu m’avais fait faux bon. »


Autant être sincère dès le début. Murtagh ne s’en était jamais privé avec son cadet. Alors peut être que celui-ci avait fait les frais de sa brusque franchise à plusieurs reprises, mais Eragon ne pourrait jamais dire que son frère lui avait déjà menti. Il ne l’avait jamais fait. A part, lorsqu’ils étaient enfants. Une autre vie.


***


« Tu mens Mutagh ! »

C’était bien trop facile de faire couler les larmes sur son visage. Et très drôle aussi. Ses joues prenaient alors une horrible couleur rouge. Il ressemblait à une tomate toute mûre.

Il  haussa un sourcil, un sourire mauvais fiché sur le visage.

« Nan. T’es pas mon vrai frère. » fit-il en mâchant un morceau de pomme.

« C’pas vrai ! » cria son cadet.

« Bah si. T’as été adopté. »

Il croqua de nouveau dans le fruit, pendant que les pleurs d’Eragon se faisaient plus intenses. Qu’est ce qu’il pouvait être sensible celui-là.

« Tu ressembles à personne. Moi, c’est papa. Toi, c’est rien. »

« J’ai comme maman les cheveux jaunes ! »

« Déjà, on dit blonds. Et beaucoup de personnes les ont. T’es juste là pour me tenir compagnie.»

Eragon se mit à brailler encore plus et à se mettre à frapper son torse de ses petits poings.

« T’es  méchant ! Méchant ! Méchant ! »

« Peut être mais au moins j’ai un vrai papa et une vraie maman. »


Son petit frère hurla tellement fort que le brun dût se boucher les oreilles en riant. Quel crétin…


***


Murtagh se remit sur ses jambes.

Bon.

Il se gratta la tête un peu perdu.

Eragon était là. Devant lui. Et il n’avait fichtrement aucune idée de ce qu’il avait envie de lui dire. Il n’y avait pas réfléchi.
Cette histoire abracadabrante concernant Selena devait être abordée, mais commencer les hostilités dès le début n’était pas forcément conseillé.

Il lui jeta un regard au coin.

Le sourire qu’affichait son cadet le déstabilisa.
Le blond avait toujours été très souriant, en toute circonstance, même dans la pire des situations.
Pourtant quelque chose de différent ressortait cette fois-ci de son air mutin, quelque chose qu’il n’arrivait pas à déterminer.

Ses sourcils se froncèrent.

« Il y a un je-ne-sais-quoi de changer chez toi. A part l’odeur et l’accoutrement. »
remarqua-t-il avec un rictus taquin.

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Eragon
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MessageSujet: Re: Life's too short - Eragon & Murtagh   Ven 17 Aoû 2018 - 23:20

Il était difficile de se retrouver face à Murtagh, quelque chose était différent. Ils n’avaient jamais réellement parlé, ils n’en avaient pas besoin. Tous les jours ils se croisaient où échangeaient des banalités. Cette habitude s’était rompue, Eragon aurait pourtant eu bien des choses à raconter à son ainé, seulement en cet instant il n’avait juste aucune idée de comment formuler ses pensées, en fait il ne voyait simplement pas quoi dire. Alors il enfonça ses mains un peu plus dans ses poches et mordilla sa lèvre inférieure.

« Je commençais à penser que tu m’avais fait faux bon. »


Il eut un regard navré pour son ainé.

« J’y ai pensé. Je ne savais pas si j’aurai le courage… puis je t’ai vu planté sur les marches. J'ai eu pitié.»

Murtagh n’aurait pas attendu si longtemps pour n’importe qui. Son frère n’avait aucune patience. Il prit donc cela comme une marque d’affection de sa part.
Ses yeux se perdirent sur la bâtisse qui lui semblait beaucoup plus petite que dans ses souvenirs, plus vieille aussi. La pierre n’avait pas échappé au ravage du temps et du lierre. En la voyant, pourtant, il vit des bribes de son enfance et de leurs rires.

« Il y a un je-ne-sais-quoi de changer chez toi. A part l’odeur et l’accoutrement. »

Son frère dans toute sa splendeur et dans toute sa délicatesse. Eragon lui rendit son sourire avec une pointe de provocation.

« Il y a un je ne sais quoi de changé chez toi. Le sourire peut-être ? »


Cela faisait bien longtemps qu’il n’avait pas vu cet air sur le visage de son ainé. Même si cela avait souvent été à ses dépens, il en était aujourd’hui heureux. Pour la première fois Murtagh semblait avoir trouvé un peu de paix.
Quant à lui… ce n’était pas bien loin d’être la même chose.

***

Ses doigts avaient enserré ceux de Maïwenn. Allongés sur une couverture propre ils avaient échangé plusieurs baisés passionnés. Leurs corps si proches l’un de l’autre, la nuit était tombée sur la forêt et seul un feu de bois les éclairait. Maladroit Eragon s’était sentit dépassé par les évènements. Il tenta de se remémorer les conseils de son frère, qui n’était pas la meilleure personne à qui penser à cet instant, mais le corps de Maïwenn si proche du sien lui donnait des idées qui aurait fait friser Morzan. Murtagh n’était certes pas toujours sympathique, mais il parvenait à attirer la gente féminine, et de ce qu’il avait entendu il n’était pas des plus mauvais au lit. Son frère s’était contenté d’un « reste toi-même » avec un sourire bienveillant. Eragon doutait que cela soit la meilleure des techniques.
Ses doigts glissèrent sur le corps de la jeune femme, il s’attendit à ce qu’elle le repousse : elle n’en fit rien. La servante le laissa commencer son exploration de son corps, son épaule, sa hanche, son ventre. Soigneusement il évitait les zones les plus sensibles, ce qui la fit sourire. Maïwenn glissa ses doigts le long de la mâchoire du varden, elle approcha son visage du sien pour l’embrasser tendrement. Elle rapprocha leurs corps.
Le cœur d’Eragon s’emballait dans sa poitrine. Il se demandait comment faire, est-ce qu’elle appréciait ses caresses ? En avait-elle envie ? Est-ce qu’il s’y prenait bien ? Autant de question auxquelles il ne trouva pas de réponse immédiate, il craignait de demander de peur de briser l’instant. Sa main remonta doucement le bas de la robe de la servante pour caresser son mollet. Il s’arrêta sur sa cuisse, tapotant sa peau. Maïwenn se laissa faire, lui défaisant les boutons de sa chemise pour passer ses mains sur le torse d’Eragon, qui tremblait légèrement. Elle n’était pas plus expérimentée que lui, mais son statut lui avait permit d’entendre divers conseils et parfois de voir ce qu’elle aurait préféré effacer de son esprit. A sa grande honte elle avait aussi demandé à Gwenaëlle, qui semblait vivre avec Murtagh une véritable idylle de ce côté-là, la dragonnière lui avait répondu en souriant, et donné quelques conseils pour avoir le moins mal possible et pour procurer quelques sensations à son partenaire. Il était risible qu’une fille de seize ans donne des conseils à un fille de dix-huit.
La main d’Eragon se posa doucement sur sa poitrine, elle eut un mouvement de recul. Il la retira immédiatement.

« - Je suis désolé.
Le souffle du dragonnier caressa son visage de ce murmure.
- Je ne m’y attendais pas. » Elle eut un petit rire nerveux. « Je ne sais pas vraiment comment m’y prendre…
- Moi non plus. »


Ils pouffèrent comme deux enfants de cet aveu qui pouvait sembler risible. De nouveau ils s’embrassaient. La main d’Eragon remonta dans le dos de la servante, cherchant les laçages de sa robe. Lentement il la défit, il fut plus habile qu’il ne l’aurait cru, ce n’était pas beaucoup plus difficile que les différents nœuds qu’on leur avait appris à faire pour escalader ou attacher les sangles de leurs selles. Sa main caressa le dos chaud, un frisson de plaisir le parcouru quand elle effleura son torse, longea du doigt une cicatrice qu’il s’était bêtement faite en tombant d’un arbre, embrassa son cou. Eragon poussa un profond soupir. Ses doigts caressèrent les cheveux doux et parfait à l’instar de sa peau tendre et au délicieux parfum de fleur.
Il fit courir sa caresse jusqu’au creux de ses reins, elle tressaillit. Il embrassa son épaule.
Huma son parfum, se gorgea d’elle.
Sa robe glissa le long de ses bras.
Sa chemise termina sur le sol.
Leurs peaux s’effleurèrent.
Se touchèrent.
Une main sur ses seins.
Une autre sur son ventre glissant vers son pantalon.
Leurs souffles qui s’accéléraient.
Se mêlaient.
Une nouvelle étreinte.
Son pantalon plus loin.
Leurs jambes entrelacées.
Son corps sur le sien.
Ses baisers fougueux.
Il embrassa chaque partie d’elle.
Profita de la caresse de sa peau.
De la chaleur de sa chaire.
De leurs corps étroitement liés.

***

Il préférait oublier la suite. Ce moment de grande solitude où il avait eu du mal à trouver les bons gestes. Ou encore sa main se posant par mégarde sur les cheveux de Maïwenn qui avait poussé un glapissement. Leurs deux fronts se cognant quand ils voulurent s’embrasser.
Cette première fois avait été aussi intense que décevante. Pour eux deux. En parler leur avait cependant arraché des sourires et ils s’étaient promis de faire mieux. Chose qui ne serait pas difficile.
Son sourire en cet instant se faisait des plus niais et il ne parvenait pas à l’effacer.

« - Je crois que j’ai été moi-même. »

Ses yeux brillaient d’une lueur nouvelle. Pour la première fois depuis longtemps il sentait une complicité naitre avec son frère.
Un sourire effronté illumina ses traits.

« - Tout comme toi de ce que j’ai entendu. Je croyais que Gwen n’était qu’une gamine agaçante ? »

Ces deux là s’étaient détesté au premier regard, entre insultes et gestes obscènes. A présent ils s’entendaient à merveille, surtout pour certaines choses qui se passaient normalement dans un lit… même s’ils n’avaient pas eu l’information, apparemment.

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Murtagh
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MessageSujet: Re: Life's too short - Eragon & Murtagh   Dim 19 Aoû 2018 - 14:17

« J’y ai pensé. Je ne savais pas si j’aurai le courage… puis je t’ai vu planté sur les marches. J'ai eu pitié.»

Un sourcil se leva. Ses bras se croisèrent. Intéressant. Eragon tentait une approche espiègle. Risquée certes. Mais courageuse.

« Il y a un je ne sais quoi de changé chez toi. Le sourire peut-être ? »

Un parfait retour à l’envoyeur. Murtagh ne put arrêter sa préférence entre cette version taquine de son frère ou celle du petit sauvage aux poings féroces.
Toutefois, le ton goguenard qu’il prenait et les répliques salées qu’il lui renvoyait dans la figure n’étaient pas anodins.
Eragon avait toujours eu ça en lui, allant même jusqu’à lui emprunter certaines des phrases piquantes dont il avait le secret pour s’exercer, mais cette rapidité de réponse était toute récente. L’explication qui se profilait ne lui plaisait guère.
Son cadet avait eu un maitre en la matière. Son identité n’était pas un mystère. Qui donc le tapait le plus sur le système et trainait avec le dragonnier depuis quelques mois ?

Sa très grande paysannerie l’écureuil le crasseux.

Une petite pique de jalousie le fit serrer des dents à cette pensée. IL était celui qui avait essayé d’enseigner des choses à son petit frère, en particulier l’art de l’offensive verbale. Apparemment, ses efforts avaient été vains. Bien. C’était noté.

« - Je crois que j’ai été moi-même. »

Quelques secondes passèrent dans le plus grand des silences. Son fichu sourire toujours suspendu à ses lèvres.
Etait-il censé comprendre quelque chose derrière cette phrase ? Y avait-il un message caché ? Un indice qui lui aurait échappé ?
Eragon était lui-même, et alors ? Grand bien lui fasse. Qu’est ce que cela pouvai….

Oh.

Une nouvelle référence. Passée. De sa propre création.

Tout s’expliquait donc. La raison de ce grand rictus joyeux. Et de sa bonne humeur.

Toutefois, Murtagh espérait qu’il n’avait pas le même air benêt fiché sur le visage à chaque fois qu’il quittait Gwen. Eragon allait finir par attraper une crampe à force de sourire ainsi.

« - Tout comme toi de ce que j’ai entendu. Je croyais que Gwen n’était qu’une gamine agaçante ? »

Murtagh marqua un nouveau temps d’arrêt. Les nouvelles allaient vite dans le coin. Trop vite à son goût. Des murs du château jusqu’au fin fond de la forêt.

Deux suspectes principales.

Gwenaëlle.

La servante de cette dernière qui, semblait il, était devenu bien plus que ça pour son frère.

« Tout s’explique. » fit-il alors les mains dans les poches.

Quelques secondes de battement avant l’offensive.

« C’est pour ça que tu semblais autant galérer avec la gente féminine. »

Eragon avait peut être appris à rétorquer vivement et rapidement.

« Il aura fallu que ça soit un petit tour dans les bois qui te fasse comprendre l’évidence. »

Mais.

« Enfin, tu aurais pu trouver mieux quand même. Il doit avoir un tas de maladie. »

Il restait son aîné.

Grand sourire espiègle. Le dragonnier bleu lui avait tendu le bâton, il n’avait fait que naturellement le saisir.

« Quant à Gwen… »

Plusieurs images tendres et plus…enfin… effleurèrent son esprit.

« Elle reste toujours une gamine agaçante voyons. » fit-il innocent et l’œil faussement perplexe.

Surtout lorsqu’elle se soustrayait de ses bras. Juste pour le rendre fou.

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Eragon
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MessageSujet: Re: Life's too short - Eragon & Murtagh   Dim 26 Aoû 2018 - 22:54

« Tout s’explique. »

Eragon haussa un sourcil, sa relation avec Maïwenn était à présent trahie aux yeux de son frère. De toute manière il savait que cela était une évidence. Penser à la jeune femme le faisait toujours rougir quand il songeait à tout ce qu’ils pourraient encore faire quand ils se reverraient.

« C’est pour ça que tu semblais autant galérer avec la gente féminine. »


De quoi…

« Il aura fallu que ça soit un petit tour dans les bois qui te fasse comprendre l’évidence. »


Qu’est-ce que Murtagh…

« Enfin, tu aurais pu trouver mieux quand même. Il doit avoir un tas de maladie. »


Il manqua de s’étouffer avec sa propre salive à cette dernière déclaration, son frère était doué pour retourner les situations et le tourner en dérision. Il aurait même pu dire que ce dernier adorait l’embarrasser. Chose dont il ne doutait pas. Seulement cela faisait si longtemps qu’ils ne s’étaient pas parlé de cette manière, Murtagh devenant de plus en plus morose au fil des années, il devenait une ombre, presque un reflet de Morzan encore pourvu d’un cœur… ainsi que d’un dragon en pleine santé.
Le dragonnier bleu esquissa un sourire amusé. Il ne se sentait plus aussi offensé qu’avant par les propos de son frère, peut-être car il avait grandi ou tout simplement, il n’était plus aussi susceptible. Vivre dans la forêt vous apprenait bien des choses sur vous-même et sur les autres.
Là-bas tout n’était que boutades, moqueries et taquineries. Souvent pour oublier le froid et la boue. Il s’était créé une nouvelle famille.

« Je te remercie de te soucier de ma santé. » Il passa une main dans ses cheveux blonds. « Maël est un très bon camarade de lit, nous partageons l’odeur. »

Autant se mettre à sa hauteur, cela lui éviterait d’avoir à parler de Maïwenn et de sa relation aux femmes. Il était toujours maladroit, heureusement, elle ne lui en tenait pas rigueur.

« Quant à Gwen… Elle reste toujours une gamine agaçante voyons. »


Murtagh mentait… bien mal. Croyait-il qu’il n’avait pas remarqué son changement soudain de comportement ? Sans compter sur son regard et son petit sourire.

« Gwen et non Gwenaëlle. » Il esquissa un sourire amusé. « Une gamine agaçante avec qui tu t’amuse à renverser l’eau du bain apparemment. »

Une lueur brilla dans son regard. Grâce à Maïwenn il savait ce qui se passait dans le lit de son frère, ou plutôt de la dragonnière. Sans connaitre les détails il avait quelques informations sur leur idylle.

« Fais cependant attention, ce sourire va finir par te donner bonne réputation. »


Ce qui caractérisait Murtagh au palais était ce magnétisme du garçon mystérieux dont le sourire était aussi rare que le soleil la nuit.
Mais, ils n’étaient pas ici pour échanger des banalités. Son frère ne faisait pas parti de ceux qui vous rejoignait dans un lieu qui signifiait tant uniquement pour le plaisir d’avoir de la compagnie.
S’il était là c’était pour… elle.

« Mais je suppose que tu ne voulais pas me voir pour me parler de ma relation avec Maël. Je me trompe ? »

Tout l’univers de Murtagh tournait autour de sa mère, depuis toujours, son retour avait aussi fait revenir le garçonnet qui aurait tout donné pour elle, jusqu’à sa propre vie. Jusqu’à massacrer son frère car sa mère lui accordait trop d’attention.

« Si tu as quelque chose à me dire, dis-le. »

Qu’ils soient francs l’un avec l’autre. Pour une fois.
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Murtagh
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MessageSujet: Re: Life's too short - Eragon & Murtagh   Lun 27 Aoû 2018 - 17:48

« Je te remercie de te soucier de ma santé. Maël est un très bon camarade de lit, nous partageons l’odeur. »

Murtagh en leva les yeux au ciel. Ils partageaient également la même connerie qui n’irait pas en s’améliorant malheureusement. L’écureuil avait mordu son frère de sa bêtise innée et avait ainsi permis à celle d’Eragon de prendre son envol.

« Gwen et non Gwenaëlle. Une gamine agaçante avec qui tu t’amuses à renverser l’eau du bain apparemment. »

Murtagh se figea.

Grand silence.

Quoi ?

Le visage de son cadet s’était éclairé.

Que…Quoi ?

Il allait lui faire ravaler son petit air fier et malicieux s’il continuait de le regarder amusé.

Il inspira.

« Au moins, j’en prends contrairement à d’autres. »
rétorqua-t-il.

Le brun nota toutefois de prévenir Gwenaëlle. Elle se devrait de remettre les points sur les i avec sa servante favorite. Eragon n’avait pas à savoir tout ce qui se passait entre eux. Pas les détails en tout cas.
Pas que cela le gênait, ce n’était pas un sujet autour duquel il était pudique. Mais si son frère devait être au courant de quoique ce soit, cela devait venir de sa propre bouche et pas de celle d’une autre.

« Fais cependant attention, ce sourire va finir par te donner bonne réputation. »


« Et toi fais attention, ce sourire va finir par te faire perdre tes dents. »
gronda-t-il avant de se pincer l’arête du nez sentant une migraine arrivée.

Il s’en serait bien passé, mais Eragon avait toujours eu ce don de lui faire ressentir physiquement de l’agacement. Déjà petit lorsqu’il posait ses questions sans queue ni tête.

« Mais je suppose que tu ne voulais pas me voir pour me parler de ma relation avec Maël. Je me trompe ? Si tu as quelque chose à me dire, dis-le. »

Le changement d’ambiance se fit tout de suite ressentir. Le blond semblait à présent sur la défensive.

Murtagh se contenta pourtant de le fixer en silence.

Des choses à lui dire, il en avait des tonnes. Que chaque jour, il regrettait qu’il soit parti. Que chaque jour, il se convainquait encore et encore que c’était pour le mieux. Que chaque jour, il pensait voir la porte de sa chambre s’ouvrir à la volée et le voir rentrer sans y avoir été invité. Que chaque jour, il lui fallait quelques secondes pour prendre conscience qu’il l’attendait pour rien dans la cour d’entrainement. Que chaque jour, son petit frère lui manquait de plus en plus.
Il ne le lui dirait pas. Car cela ne changerait pas grand-chose à la situation. Pire, il n’était pas sûr que d’évoquer de nouveau sa fuite forcée soit le meilleur moyen de renouer les liens.

Et puis, ils savaient tous les deux pourquoi il avait souhaité lui parler. Eragon était très loin d’être un idiot, alors il irait droit au but.

« Suis-moi. »

Le brun le guida le long des jardins laissés à l’abandon, là où les herbes hautes et les racines avaient repris leur droit. Leur mère en serait fort peinée si elle voyait ce résultat, elle qui avait aimé y passer tout son temps libre avec eux.

Il  s’arrêta et fit un signe de tête vers une vieille fontaine vide depuis longtemps.

« C’est là que je t’ai poussé dans l’eau alors que tu n’étais pas bien haut. Tu t’en es sorti avec une dent cassée et une grosse frayeur. »

Lui avait été consigné dans sa chambre plusieurs jours durant. Et il n’avait pas fait le fier quand leur mère avait eu vent de l’accident à son retour. Ses oreilles pouvaient encore en témoigner. Il ne l’avait jamais vu autant fâchée contre lui.

« Toutes ces choses que je t’ai faites quand on était enfants, c’était uniquement par jalousie et par colère. J’avais l’impression de la perdre, qu’elle me remplaçait. Et comme je ne pouvais me résoudre à la détester pour ça, j’ai reporté toute ma haine sur toi, sans me rendre compte que le problème venait exclusivement de moi. »

Son pied racla un caillou. Il n’avait jamais été bon pour étaler ses sentiments, encore moins, ceux passés qu’il essayait d’oublier.

« Tout ça pour dire que j’ignore ce que tu lui reproches, mais ce dont je suis certain c’est qu’elle nous aime l’un autant que l’autre. Elle sacrifierait sa vie pour nous sans la moindre hésitation. »


Elle l’avait sûrement déjà fait de bien des façons.

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Eragon
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MessageSujet: Re: Life's too short - Eragon & Murtagh   Mar 28 Aoû 2018 - 21:08

« Suis-moi. »

Avec un soupir, Eragon suivit son frère dans cette demeure qu’ils avaient connu enfant. Elle semblait tout aussi calme qu’à l’époque, et bien que tout ce qui les entoura soit resté intact il lui apparaissait que ce n’était plus ce qu’il avait connu. Cela allait faire des années que leurs pieds n’avaient pas foulé le sol de cet endroit. Plus lugubre que dans ses souvenirs il y avait quelque chose de dérangeant à se retrouver ici, pourtant une pointe de nostalgie lui démangea le cœur. Ils avaient vécu tant de choses entre ces murs de pierre, protégés par Morzan, tenus à l’abri du monde extérieur.

« C’est là que je t’ai poussé dans l’eau alors que tu n’étais pas bien haut. Tu t’en es sorti avec une dent cassée et une grosse frayeur. »

La fontaine abandonnée semblait le narguer, il ne se souvenait pas très bien de ce qui avait pu se passer, uniquement que son frère lui en avait fait voir de toutes les couleurs pour le punir. Le punir d’être né tout simplement. Puis quand ils s’étaient enfin retrouvés son frère était devenu le centre de son minuscule univers. A dire vrai il était le seul, un point immuable dans sa vie, celui à qui il s’était accroché toute son enfance, puis une grande partie de son adolescence.

« Toutes ces choses que je t’ai faites quand on était enfants, c’était uniquement par jalousie et par colère. J’avais l’impression de la perdre, qu’elle me remplaçait. Et comme je ne pouvais me résoudre à la détester pour ça, j’ai reporté toute ma haine sur toi, sans me rendre compte que le problème venait exclusivement de moi. »


Un rire lui échappa.
Remplacer Murtagh par lui, bah voyons. Son frère avait toujours eu des idées tordues de toute manière. Ils venaient donc là faire une thérapie familiale, il manquait juste deux éléments essentiels dans tout cela : leurs parents. Quoi qu’à bien y réfléchir au vu de ces derniers Murtagh et lui étaient tout à fait équilibrés.
Il roula donc des yeux en soupirant.

« Tout ça pour dire que j’ignore ce que tu lui reproches, mais ce dont je suis certain c’est qu’elle nous aime l’un autant que l’autre. Elle sacrifierait sa vie pour nous sans la moindre hésitation. »


Tout cela sonnait comme un beau discours aux oreilles du jeune dragonnier. Il était parvenu à expulser sa colère qui revenait maintenant que son frère évoquait leur génitrice. Il ne voulait plus entendre parler d’elle. Il enfonça ses poings serrés dans ses poches, mélange de colère et d’une profonde lassitude.
Comme si son frère était venu pour prendre de ses nouvelles.

« Tu parles de celle dont TU te souviens. Pour ma part, je ne me rappelle même plus son visage. » Eragon haussa les épaules. « Je pourrais tout autant dire que c’est une étrangère. De toute manière elle a fait son choix. »

De sa botte il frappa un caillou qui alla s’écraser contre un mur. Cette demeure n’était pas si impressionnante que ça finalement. Juste plus vieille et plus entretenue, dans quelques temps elle tomberait en ruine.

« Je ne la connaitrait jamais, la seule chose qu’elle sait de moi c’est que je suis blond. Pour le reste… » Il contempla le ciel avec amertume. « Nous sommes deux étrangers et les choses sont mieux ainsi. »

Eragon senti ses épaules s’alléger tandis qu’il parlait. Oui, les choses allaient pour le mieux maintenant. Il inspira.

« Elle à son fils et son époux, c’est amplement suffisant. »

Pourquoi s’encombrer du petit dernier ? Il n’avait rien à leur apporter, leur famille se portait mieux sans lui. Le monde s’échinait à le lui faire comprendre.
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Murtagh
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MessageSujet: Re: Life's too short - Eragon & Murtagh   Mer 29 Aoû 2018 - 17:32

Le visage d’Eragon changea du tout au tout lorsque sa mère fut évoquée. Cela aurait été pour n’importe qui imperceptible, mais Murtagh connaissait son frère comme sa poche. Ainsi le moindre petit changement de sa part lui sautait aux yeux.

Il s’était tendu, avait plongé ses mains dans les poches, fuyait son regard, avait la mâchoire crispée. Tout un tas de signes qui lui permettait d’affirmer qu’il avait abordé un nouveau sujet sensible entre son cadet et lui.
Sujet qui, s’il n’y prenait pas gare, finirait dans la terre et des nouveaux bleus. Les mots devraient donc être choisis avec soin, des deux côtés.

S’il s’était par exemple écouté, il aurait tout simplement dit à son cadet d’arrêter de bouder comme un gamin et de cesser jouer à l’imbécile avec leur mère. Car le retour à ce propos qui lui était parvenu aux oreilles ne lui avait guère plu.

Et les paroles que tint Eragon ne firent que le confirmer.

« Tu parles de celle dont TU te souviens. Pour ma part, je ne me rappelle même plus son visage. Je pourrais tout autant dire que c’est une étrangère. De toute manière elle a fait son choix. Je ne la connaitrais jamais, la seule chose qu’elle sait de moi c’est que je suis blond. Pour le reste… Nous sommes deux étrangers et les choses sont mieux ainsi. Elle a son fils et son époux, c’est amplement suffisant. »

Les yeux du brun s’étaient écarquillés de plus en plus à mesure que les mots de son cadet devenaient plus amères.

Qu’est ce qu’il… ?

Il aurait pu le frapper. Vraiment. Là tout de suite. Faire taire cette maudite langue qui ne crachait que des crétineries aussi grandes que sa bêtise.

Il avait senti ses poings se crisper à de nombreuses reprises.

Au lieu de ça.

Murtagh explosa de rire.

Un rire jaune. Ebahi par tant de stupidité dans la tête de son cher petit frère. Qu’importe la vexation que celui-ci ressentirait sûrement.
Tout ceci était parfaitement risible et complètement idiot.

« Ma parole…Tu es complètement con ou tu le fais exprès ! »
s’exclama-t-il sans arriver à calmer son hilarité.

Eragon était vraiment….pas croyable. Il avait ce talent particulier de vous surprendre là où on l’attendait le moins.

«Excuse-moi… »
Il s’essuya les yeux.  « Le pire de tout c’est que tu crois dur comme fer à tes conneries ! »

Plié en deux, il s’assit sur le rebord de la fontaine de pierre, essayant, avec peine, de retrouver son sérieux. Il inspira, expira, inspira, expira, tout en laissant son regard balayer le jardin abandonné.

Tant de choses s’étaient jouées ici. Des rires. Des larmes. Des sourires.

« Sérieusement, qui essaies-tu de convaincre par ce discours mensonger ? » finit-il par murmurer ses prunelles céruléennes tournaient à présent vers lui. « Tu en souffres et crois moi tu n’es pas le seul… »

Selena pouvait essayer de faire croire le contraire, donner la réplique, sourire à tout va, jouer à la reine mais Eragon et elle avaient exactement les mêmes mimiques quand ils souffraient. Il suffisait juste d’y prêter attention.

« Sais-tu ce qu’elle porte constamment autour du cou ? » Un des détails qui ne lui avait pas échappé. « Un médaillon. Un médaillon renfermant nos deux portraits. Et le tien n'y est pas effacé.»

Un vestige du passé qu’il n’aurait jamais pensé revoir un jour. Il avait dû d’ailleurs regarder par deux fois avant d’être certain qu’il s’agissait du même bijou.

« D’autre part, pour quelqu’un qui se contre fiche de ton existence, elle passe tout de même beaucoup de temps dans ta chambre. » rajouta-t-il.

Ca aussi il l’avait remarqué. Ainsi que les larmes qu’il surprenait à chaque fois que c’était le cas.

Il leva la tête vers le ciel, profitant de la chaleur des quelques rayons qui s’étaient perdus entre les nuages gris.

De toute manière elle a fait son choix.

Il avait eu les mêmes pensées. Enfant. Ils avaient à présent passé l’âge pour croire de telles choses. Cela n’apportait rien de bon. Pour aucun d’entre eux.

« Pourquoi tiens-tu tant à ce qu’elle fasse un choix ? Pourquoi veux-tu lui imposer ce nouveau dilemme ? Son cœur n’est pas une compétition. Elle n’a rien à prouver. A personne.»

Murtagh avait mis longtemps avant de le comprendre. Il commençait à peine à entrevoir ses erreurs du passé.

Mais si sa colère d’autrefois se trouvait aujourd’hui dans le cœur d’Eragon, alors autant essayer de convaincre un dragon de manger de l’herbe.

Il jeta un dernier coup d’œil à son petit frère.

« Cela vaut ce que ça vaut mais je n’avais aucun foutu intérêt à venir te faire changer d’opinion sur elle. La rumeur disait juste que tu allais mal par sa faute. Alors je suis venu. »


Car je ne veux pas te voir souffrir.

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MessageSujet: Re: Life's too short - Eragon & Murtagh   Jeu 30 Aoû 2018 - 0:11

Le rire de Murtagh le blessa ses poings se serrèrent si fort dans ses poches qu’il sentit ses ongles érafler sa peau. Il baissa la tête. Les larmes brouillaient sa vision. Il les ravala, par fierté, par pudeur.

Ne te moque pas. Ne te moque pas !

La voix de l’enfant qu’il avait été lui parvint. Les railleries de son frère car il pleurait facilement, trop facilement. Il n’y pouvait rien, les larmes roulaient sur ses joues sans lui demander son avis. Beaucoup trop sensible comme le lui répétait inlassablement Morzan. Alors il avait appris à retenir ses larmes jusqu’à ce que ses yeux le brulent, jusqu’à pouvoir exploser quand il était seul.
Murtagh se moquait de lui, depuis toujours, il avait pensé que cela n’était plus qu’un souvenir, apparemment il s’était trompé. Il prit une grande inspiration avant de relever ses yeux secs vers son ainé qui semblait peu décidé à calmer son hilarité.

« Ma parole…Tu es complètement con ou tu le fais exprès ! Excuse-moi… Le pire de tout c’est que tu crois dur comme fer à tes conneries ! »

Il était bien impossible que son frère le prenne un jour au sérieux.
Sa principale envie était de tourner les talons pour fuir cette conversation apparemment destinée à la tourner en ridicule. A quoi s’attendre d’autre de Murtagh ?
Eragon se redresse, comme prêt à partir, regrettant d’avoir accepté et d’être venu.
D’une oreille il écouta les paroles de son frère, des reproches encore et toujours. N’était-il donc doué que pour ça.

« Sais-tu ce qu’elle porte constamment autour du cou ? Un médaillon. Un médaillon renfermant nos deux portraits. Et le tien n'y est pas effacé. »


Sa gorge se serra légèrement. Il ne parvenait pas à croire les mots de son frère. Quand bien même, leur mère pouvait très bien avoir oublié ce détail, après tout elle avait disparue douze ans, si elle avait réellement voulu se souvenir d’eux cela aurait été fait bien avant.
Elle réapparaissait à point nommé, Morzan devenait roi, elle devenait reine, la femme la plus puissante d’Alagaësia. Dans le fond, ils ne savaient rien d’elle. Le pouvoir altérait l’esprit, elle ne faisait pas exception.

« Pourquoi tiens-tu tant à ce qu’elle fasse un choix ? Pourquoi veux-tu lui imposer ce nouveau dilemme ? Son cœur n’est pas une compétition. Elle n’a rien à prouver. A personne. »

Au fond de lui, il ne voulait pas qu’elle choisisse. Ils avaient tous une place dans son cœur. Il désirait autre chose… Murtagh ne pouvait pas comprendre.

« La ferme… »

Les mots ne furent qu’un murmure. Un murmure angoissant. Il avait mal. Son frère lui infligeait à chaque mot une blessure plus profonde, une blessure qu’il essayait de guérir depuis plusieurs jours déjà.

« Cela vaut ce que ça vaut mais je n’avais aucun foutu intérêt à venir te faire changer d’opinion sur elle. La rumeur disait juste que tu allais mal par sa faute. Alors je suis venu. »

Son cœur tambourinait dans sa poitrine, il ne voulait plus l’entendre. Il ne voulait plus. Qu’il se taise… qu’il se…

« LA FERME ! »

Son regard s’était planté droit dans celui de son frère. Les mots avaient passé ses lèvres. Un cri de désespoir. Un ultime appel.
Son corps tout entier était secoué de tremblement.
Il ne voulait rien entendre.
C’était trop dur.

« Qu’est ce que tu peux y comprendre de toute façon ?! » Son cœur était si lourd qu’il ne parvenait plus à le soutenir. Les premières larmes roulèrent sur ses joues. « Tu te souviens d’elle ! Tu sais qui elle était ! » Il ne parvenait plus à s’arrêter les mots coulaient comme une évidence, comme un poids qui désertait son cœur petit à petit. « Son visage, le son de sa voix, son odeur… Je n’ai aucune putain d’idée de ce à quoi elle ressemblait ! » Désespéré. Blessé. « J’avais une occasion de la rencontrer, une seule foutue occasion ! » Rejeté. Abandonné. « Je ne peux toujours pas dire à quoi elle ressemble ! Tu la vois tous les jours ! » Seul… « Moi je n’ai que des restes de souvenirs de cheveux blonds… »

Ses bras retombèrent le long de son corps, il pleurait. Il s’en fichait. Il n’en avait plus rien à foutre à présent.

« Tu as le privilège des souvenirs… Maintenant de sa présence. » Un rire sans joie. D’amertume et de tristesse. « Je n’ai rien du tout. »

Il haussa les épaules. Il n’avait plus la force d’être triste ou de souffrir à présent. Il était juste las.

« Elle est ta mère mais pour moi… Je ne la connais pas, je ne sais pas qui elle est. »


Les mots étaient dits. Ces mots qu’il cachait et qui le tourmentait. Selena l’avait mis au monde mais… elle ne pouvait être sa mère, sa maman, elle ne l’avait pas protégé, elle ne l’avait pas élevé. Cela rendait la chose plus douloureuse encore.
Les larmes redoublèrent.
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MessageSujet: Re: Life's too short - Eragon & Murtagh   Jeu 30 Aoû 2018 - 21:22

« LA FERME ! »

Ca y est. Il avait enfin réussi à craqueler ses défenses.

Ce qui avait toujours été compliqué avec Eragon c’était de pouvoir réussir à faire ressortir au grand jour ce qu’il ressentait vraiment. On disait de lui qu’il n’était qu’un masque de froideur aux pensées inaccessibles. Son frère était pire encore. Personne ne se méfiait jamais du sourire qui ornait toujours son visage. Pourtant, il s’agissait d’un masque comme un autre. Aux allures plus joviales certes mais aux sentiments aussi sombres que les siens.
Ils avaient après tout eu la même enfance, possédaient le même passif, ils géraient juste la chose de deux manières différentes. L’un par l’obscurité, l’autre par la lumière.

« Qu’est ce que tu peux y comprendre de toute façon ?! »

Il était vrai qu’il était une personne au cœur de pierre qui n’avait jamais souffert de quoique ce soit. Un être dont l’empathie était un concept inconnu et l’indifférence une marque de fabrique.

Crétin.

Il se garda de dire l’insulte à voix haute mais n’en pensait pas moins.

Les parois s’effondrèrent et la douleur d’Eragon le percuta de plein fouet.

« Tu te souviens d’elle ! Tu sais qui elle était ! Son visage, le son de sa voix, son odeur… Je n’ai aucune putain d’idée de ce à quoi elle ressemblait ! J’avais une occasion de la rencontrer, une seule foutue occasion ! Je ne peux toujours pas dire à quoi elle ressemble ! Tu la vois tous les jours ! Moi je n’ai que des restes de souvenirs de cheveux blonds… »

Murtagh resta stoïque tout le temps que dura le laïus de son cadet.

Il mémorisait chaque parole, chaque geste, chaque intonation de sa voix, chaque mot, chaque chose qui montrait à quel point son chagrin était grand et son affliction véritable.

Et ses larmes…

Les larmes de son frère. Il les avait longtemps côtoyées. Celles qu’Eragon n’avait jamais réussi à gérer enfant lorsque l’émotion était trop forte pour son cœur. Une façon à lui d’évacuer le trop plein de sentiments qui l’envahissait.
L’avantage est qu’il retrouvait le sourire quasi immédiatement lorsque ses joues redevenaient sèches.

Pourtant il ne s’agissait plus là de sanglots exagérés mais d’une véritable souffrance dont la plaie béante venait d’être rouverte.

Qu’importe ce qu’il en avait toujours dit à voix haute. Ses pleurs l’avaient toujours beaucoup touché. Ce n’était pas sans raison qu’il s’était moqué bien souvent de lui à ce propos. Car, il avait eu peur. Peur que sa propre douleur ressurgisse sans qu’il ne puisse la contrôler. Peur que les larmes de son cadet finissent par déclencher les siennes. Peur qu’elles finissent par l’engloutir tout entier.
Alors il s’était protégé, avait barricadé son cœur, avait fait croire que cela ne l’atteignait pas, et avait ri de lui pour qu’il finisse par cesser.

« Tu as le privilège des souvenirs… Maintenant de sa présence. Je n’ai rien du tout. »

Tu as l’amour des tiens. Tu as son amour imbécile.

C’est cet amour trop fort qui lui a permis de renoncer à ta présence égoïste auprès d’elle.

Elle a renoncé à t’avoir dans son quotidien pour que tu puisses être libre.

Elle a mal également.


Voilà ce qu’il aurait voulu lui dire.

Vu son état il ne l’aurait pas écouté, aurait rejeté ses mots les uns après les autres.

« Elle est ta mère mais pour moi… Je ne la connais pas, je ne sais pas qui elle est. »

Il avait terminé.

Ce fut à cet instant que Murtagh remarqua que tout le long il avait eu les poings crispés sur son pantalon, le serrant fort jusqu’à en avoir mal aux articulations.

Il avait tant de choses à lui répondre, à lui faire comprendre.

Il resta pourtant silencieux, observant, le regard dans le vide, l’eau salée qui coulait sur ses joues.

Il détendit ses doigts.

Se releva.

Se campa devant lui.

Le fixa une dernière fois.

Le serra maladroitement dans ses bras.

« Je suis désolé Eragon. » murmura-t-il enfin.

Pour tout ce qu’il avait pu faire et dire. Des décisions qu’il avait prises à sa place. De la situation. De sa douleur.

« Et je suis certain qu’elle l’est aussi. »

Avoir son frère contre lui était….étrange. Bien sûr, il l’avait déjà étreint. Mais cela restait toujours aussi peu naturel pour lui. Apaisant. Mais bizarre.

Gêné, il finit par le relâcher en se raclant la gorge et en fourrant les mains dans les poches.

Ses doigts se refermèrent sur un objet à l’intérieur.

Il l’avait sorti du fond de sa malle avant de partir, sans vraiment savoir ce qu’il allait en faire.

Je ne peux toujours pas dire à quoi elle ressemble ! Tu la vois tous les jours ! Moi je n’ai que des restes de souvenirs de cheveux blonds…

Cela sonnait pourtant comme une évidence maintenant.

Murtagh plaça son médaillon entre les mains de son frère. Un vieux bijou qu’il n’avait jamais porté autour du cou et dont la présence à ses côtés avait été absente ces douze dernières années.

« J’aurais dû te le donner au lieu de feindre qu’il n’avait jamais existé. »
fit-il pour toute explication « Je voulais oublier son existence sans pour autant m’en débarrasser. » Il avait été lâche. « Si j’avais su….Je te l’aurai donné… » On ne réfléchissait pas quand on avait huit ans, et encore moins quand on en avait vingt-et-un « Il est à toi à présent. »

Son bien le plus précieux.


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MessageSujet: Re: Life's too short - Eragon & Murtagh   Jeu 6 Sep 2018 - 0:44

Les bras de son frère se refermèrent sur lui. Cette sensation lui était familière et étrangère à la fois. Murtagh n’était pas démonstratif, quel que soit ses sentiments il les gardait pour lui. Les rares fois où il avait eu un tel geste avec son frère cela signifiait qu’une chose grave était arrivée. Ce n’était pas un acte dont il abusait, Eragon inspira. Ses poings étaient crispés et ses paumes douloureuses.
Depuis le départ il niait ses sentiments, il n’avait osé parler de Selena, de ce qu’il ressentait pour elle, à cause d’elle. Tout était confus dans son esprit, il démêlait à peine ses véritables sentiments de ceux qu’ils s’étaient inventés. Le jeune dragonnier leva un regard dépité vers son frère.
Consoler les autres n’était pas son fort. Il le remercia intérieurement de ses efforts, cela ne devait pas être simple pour une personne qui n’exprimait jamais ses sentiments, excepté en de rares occasions.

« Je suis désolé Eragon. Et je suis certain qu’elle l’est aussi. »

Être désolé ne résoudrait pas les choses. Eragon le savait parfaitement, Murtagh aussi. Mais qu’y avait-il d’autre à dire à présent ? Il avait vidé son cœur, dévoilé son âme. Il était étrange de constater que malgré les larmes qui roulaient encore sur ses joues il se sentait plus léger. Son frère avait réussi à l’apaiser. Le fait qu’il ne cherche pas à le faire changer d’avis ou à le persuadé qu’il était idiot de penser à ça l’aider à y voir plus clair.
Peut-être que ses sentiments n’étaient pas ceux d’un imbécile, peut-être étaient-ils normaux finalement. Comment le savoir ?
Les bras de Murtagh se détachèrent de lui. Il y avait à présent un flottement entre eux. Ils n’avaient jamais réellement parler. Ils se comprenaient. Leur relation était faite de geste et d’attention, comme lorsqu’une nuit Eragon avait déposé devant la porte de son frère, soigneusement emballé dans un écrin, son cadeau d’anniversaire. Ce n’était pas grand-chose, il n’avait pas pu aller au-delà de ses moyens d’enfant. Il s’était essayé, infructueusement, à la sculpture, mais ses doigts en avaient gardé des marques. Sur la boite il avait même essayé de graver « Murtagh », la graphie était celle d’un prisonnier en fin de vie tentant de laisser une trace avant sa mort par pendaison. Il ne savait pas de quelle manière son frère avait réagi, Murtagh n’aimait pas faire son anniversaire, alors son cadet avait décidé de lui laisser un cadeau sur le pas de sa porte dans la nuit qui suivait. Cette habitude était restée quelques années, puis ils avaient cessé de fêter leurs anniversaires. Arriver au palais n’avait pas fait qu’anéantir leur innocence et les projeter dans une réalité douloureuse.
Le métal froid sur sa paume le fit frissonner.

« J’aurais dû te le donner au lieu de feindre qu’il n’avait jamais existé. Je voulais oublier son existence sans pour autant m’en débarrasser. »

Eragon leva les yeux vers son frère retournant le médaillon entre ses doigts. Sans réfléchir il activa le petit mécanisme.
Il s’ouvrit.

« Si j’avais su….Je te l’aurai donné… Il est à toi à présent. »


Il contempla les traits qui lui étaient à la fois étrangers et familier, il les avait déjà vu sans parvenir entièrement à s’en souvenir comme il aurait dû, comme il aurait voulu. Son imagination se mêlait aux quelques résidus de sa mémoire défaillante.
Les larmes humidifièrent de nouveau ses paupières, il les retint. Leva ses yeux mouillés vers son frère. Sans prévenir il l’attira contre lui. Ce qui était risible, Murtagh faisait quelques bons centimètres de plus que lui.

« Merci… » Il le serra un peu plus fort. « Dis lui… que je… »

Il hésita. Chercha ses mots. Ne les trouva pas.

« Que tout va bien. Simplement que tout va bien. »

Qu’elle ne s’inquiète pas. Qu’elle sache qu’il était en vie, qu’il allait bien. Il relâcha son frère, un sourire aux lèvres, le médaillon serré dans sa main.

« Tu étais un vrai petit con quand on était gosses. »


Cela avait changé. Un peu. A peine.
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Murtagh
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MessageSujet: Re: Life's too short - Eragon & Murtagh   Dim 9 Sep 2018 - 10:54

Lorsque les bras d’Eragon se refermèrent sur lui, Murtagh en resta figé, toujours surpris par la similarité du geste qu’il avait lui-même eu précédemment.
Il n’était pas de coutume qu’ils se serrent mutuellement l’un contre l’autre. Ils ne fonctionnaient pas ainsi. Et même si son cadet était plus enclin à montrer son affection, le brun l’avait suffisamment découragé exprès par le passé pour qu’une telle démonstration devienne moins naturelle pour son petit frère.

Cela lui avait rappelé bien trop sa mère. Il s’était refusé de penser à elle de quelques manières que ce soit.

« Merci… Dis lui… que je… »

Il se prépara au pire.

« Que tout va bien. Simplement que tout va bien. »

Un mince sourire se dessina sur le visage du jeune homme. Eragon aura beau dire ce qu’il voulait, il restait toujours attaché à elle. Après tout qui crachait ainsi ses sentiments douloureux pour finalement laisser un message pour ne pas inquiéter la même personne responsable de sa peine ?

« Tu le lui diras quand vous vous reverrez. »

Car ils se reverraient. C’était une certitude. Un des deux craquerait en premier. Et pour une fois, Murtagh avait bien du mal à savoir qui.

Au moins, Eragon avait retrouvé son sourire.

« Tu étais un vrai petit con quand on était gosses. »

Le dragonnier cligna plusieurs fois des yeux.

Si la remarque était peu étonnante, elle n’en était pas pour autant attendue. Un peu plus tôt oui, mais pas après une telle scène entre eux.

Eragon avait vraiment le chic pour choisir ses moments. Il pouvait passer d’un sujet à un autre sans qu’aucun lien ne soit fait et cela ne le dérangeait aucunement. Par chance, son aîné avait l’habitude de ses soudains sursauts lunatiques et ne s’en offusqua guère.

Après tout, son petit frère ne faisait que reformuler à voix haute ce qu’il avait lui-même évoqué quelques instants plus tôt – ce dernier l’avait-il seulement écouté à ce moment là ?

Probablement pas.

Il se contenta d’un haussement d’épaules.

« Je m’ennuyais que veux tu. »

Vérité. Les divertissements n’étaient pas des plus nombreux quand on était un enfant enfermé à perpétuité dans la demeure familiale. On avait rapidement fait le tour des plus communs, c’est pour cette raison qu’il avait fait preuve d’une grande imagination pour agrémenter son quotidien morne. Ce que les autres avaient appelé bêtises ou acharnement, lui avait appelé ça : créativité, inventivité et expérience. Des mots beaucoup plus justes et parlants.

Qu’Eragon en soit la victime principale avait été fâcheux mais au moins avait-il rendu ses journées moins assommantes. Ce dernier serait mort d’ennui sans lui. Il aurait dû même le remercier pour ça.

« C’est d’ailleurs bien aimable de ta part de me le faire remarquer au moment même où je t’offre un de mes biens les plus précieux. » fit-il les bras croisés et un sourcil levé.

Le tact et Eragon. Un concept que son cadet n’assimilerait jamais. Trop compliqué pour lui.

Et Murtagh n’était pas du genre à laisser une offense, même inoffensive et taquine, passer.

« Dois-je te rendre la pareille en signalant combien tu n’étais qu’un sale petit fouineur et rapporteur ? »

Souvent malgré lui. Encore une fois, son frère n’avait jamais appris à tenir sa langue quand il le fallait, où en tout cas n’avait appris cet art que sur le tard.
Le brun gardait encore amèrement en mémoire et sur son corps quelques souvenirs dont Eragon était l’instigateur principal. Toutefois, il ne lui en jamais réellement voulu, même s’il lui avait bien entendu fait payer, et comprenait les raisons qui avait poussé son cadet à se venger avec les faibles moyens qu’il avait à l’époque.


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Eragon
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MessageSujet: Re: Life's too short - Eragon & Murtagh   Lun 22 Oct 2018 - 19:25

Les bras de son frère se refermèrent sur lui. Cette sensation lui était familière et étrangère à la fois. Murtagh n’était pas démonstratif, quel que soit ses sentiments il les gardait pour lui. Les rares fois où il avait eu un tel geste avec son frère cela signifiait qu’une chose grave était arrivée. Il en avait plusieurs souvenirs, le plus marquant était celui où leur père s’était énervé contre lui lors d’un entrainement. Morzan ne supportait pas que ses enfants puissent être faibles, comme il aimait le répéter. A l’époque, jeune dragonnier, Eragon avait dû affronter les foudres de son père qui avait fini par l’envoyer douloureusement au sol. Murtagh avait stoppé l’entrainement et avait retrouvé son cadet plus tard dans sa chambre, ce dernier n’était pas plus affligé que ça de son sort mais plutôt d’avoir déçu leur père et d’avoir casé du tort à don frère. Il était dans son caractère de s’inquiéter pour les autres plutôt que pour lui-même. Après l’incident il s’était démené pour faire mieux et cesser d’ennuyer Morzan. Ce qui avait été vain car son père avait fini par cesser de l’entrainer.
Evoquer sa mère lui était encore douloureux, si pour Murtagh elle était revenue ce n’était pas le cas pour lui, il la voyait encore de loin comme une ombre dans ses souvenirs.

« Je m’ennuyais que veux tu. »

L’ennui avait bien longtemps été leur plus proche compagne. Malgré les heures à jouer dans les jardins ou près de la cheminée, les deux garçons n’avaient jamais eu l’occasion de sortir et de faire d’autres choses. Certes avec leurs leçons leurs vies étaient bien remplies mais il y avait toujours des moments où ils se retrouvaient aux prises avec rien qui ne les intéressait. Eragon s’était lassé de ses jouets de bois bien avant d’arrêter d’y jouer.

« C’est d’ailleurs bien aimable de ta part de me le faire remarquer au moment même où je t’offre un de mes biens les plus précieux. »

Il esquissa un sourire, rien ne valait une petite rivalité fraternelle et leurs échanges étaient toujours divertissant. Il était agréable de retrouver son frère dans toute sa splendeur.

« Je craignais que tu ne deviennes mièvre. Je l’ai fait pour toi. »

Après tout il était peu habitué à ce que son ainé lui témoigne de l’affection, il ne savait pas comment réagir ou quoi faire. En réalité il ne savait plus quoi dire. Lui et Murtagh s’aimaient, c’était une certitude, mais niveau bavardages ils étaient bons derniers, ils se comprenaient souvent sans ça.

« Dois-je te rendre la pareille en signalant combien tu n’étais qu’un sale petit fouineur et rapporteur ? »

Ce n’était que pure calomnie, il n’avait jamais été rapporté avec l’intention de faire punir son frère. Bien au contraire d’ailleurs.

« Je n’aurais pas rapporté si tu ne m’avais pas fait pleurer. »

Et encore, Murtagh ignorait le nombre de fois où son cadet avait caché ses larmes et ses bleus pour ne pas que l’on découvre ce qui s’était passé. Ou encore toutes les fois où il était juste « tombé » alors qu’il s’agissait d’une mauvaise farce de son ainé.
Cela ferait partit des choses que son frère ne saurait jamais.
Avec un sourire il contempla le ciel qui s’assombrissait. L’heure pour lui de retourner dans les ombres.

« Je crois qu’il est temps de se dire au revoir. »
Il serra dans sa main le pendentif qu’il n’était pas près de lâcher. « Je suis heureux que nous ayons pu discuter Murtagh. »

Heureux de l’avoir retrouvé. D’avoir laissé derrière lui toute sa rancœur. Il aurait voulu plus. Il aurait voulu sa famille. Cela n’était pas encore réalisable, pas tout de suite, peut être jamais…
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Life's too short - Eragon & Murtagh

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